Akemi no sekai

Lectures · Films et séries · Mes écrits · Samare · BD · Japonais · Créations artistiques · Bric à brac · Rédaction · Musique
À propos
Samare : ma trilogie de fantasy · Mes lectures récentes

Langages (par Diatomée)

Publié le 05/05/2015 dans Rédaction.

En fantasy, il peut être intéressant de doter ses peuples de langages différents, et parfois même de langues inconnues. Créer un nouveau langage peut s’avérer fastidieux, mais cela apporte davantage de profondeur à un monde fictif. Nous allons voir quelques pistes pour inventer nos propres langues.

Des langages et des capacités

Les langages se développent en fonction des capacités dont un être dispose pour les interpréter. L’être humain, comme beaucoup d’autres espèces terrestres, possède plusieurs sens tels que le toucher, la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et bien d’autres. Il peut donc émettre et recevoir de plusieurs façons.

Nous utilisons fréquemment la voix, le son et donc l’ouïe. Nous la substituons au langage des signes, par exemple, lorsque nous souhaitons échanger avec quelqu’un ayant perdu ce sens. Il est tout à fait possible d’imaginer un monde où un langage non verbal prédomine tel que le morse, le braille, le clin d’œil et autres expressions corporelles ou encore l’art (écriture, dessin, photographie, etc).

Si nos êtres disposent d’autres sens ou les acquièrent par un moyen quelconque (technologique ou autre), comme par exemple la télépathie (transmission de pensées), alors les possibilités de communication changent.

Des idées de sens supplémentaires ? Le dauphin ou le requin, comme bien d’autres espèces, disposent d’un sens électrique. Ces animaux peuvent détecter des proies grâce à des champs électriques. Les capacités extrasensorielles (souvent nommées « Sixième sens »), permettent de ressentir et de communiquer avec les défunts, la nature, des divinités, etc. On parle aussi de prémonitions lorsque l’on sait que quelque chose va se passer. Ce mot a une connotation surnaturelle, mais certains animaux sont disposés à être alertés bien à l’avance des dangers, comme l’éléphant qui échappe au tsunami grâce à sa bonne audition des infrasons.

Suite à cette liste succincte des façons de transmettre et de recevoir des informations, nous allons nous attarder sur les langues orales pour comprendre leur formation et ainsi nous aider à créer la nôtre, pour notre propre monde de fantasy.

Transcription des langues orales

Une langue orale est une succession de sons permettant de converser. Elle dispose bien souvent d’une transcription visuelle comme des lettres, des chiffres, des sinogrammes (caractères chinois), etc. On parle d’écriture. Il existe différents systèmes d’écriture : logographique, syllabique, alphabétique ou un mélange de ces systèmes. Nous allons les passer en revue rapidement.

Écriture logographique

L’écriture logographique se compose de symboles (logogrammes) exprimant une idée (idéogramme) ou désignant un sujet (pictogramme). Une composante sonore est souvent liée à l’écriture logographique (phonogramme). Cela signifie qu’un son peut s’associer à un symbole. Le système d’écriture logographique est le plus ancien puisqu’il est utilisé dans l’écriture cunéiforme, l’écriture hiéroglyphique et l’écriture chinoise (sinogrammes). Je vous ai fait un petit schéma pour bien assimiler tout cela :

Schéma des logogrammes
Les logogrammes

On peut remarquer qu’un logogramme peut être à la fois pictogramme, idéogramme et phonogramme. Sa traduction dépend du contexte dans lequel il se situe.

On voit également que les logogrammes peuvent se combiner en un seul pour apporter un nouveau mot ou sens.

Prenons un exemple concret : le logogramme “木” est un pictogramme qui signifie “arbre”. Il s’agit plus précisément d’un kanji (logogramme japonais). Lorsqu’on le combine avec 2 autres logogrammes identiques “森”, on obtient un nouveau kanji et un nouveau mot “forêt”. En effet, une forêt se compose de plusieurs arbres. Au cours des siècles, on remarque fréquemment une simplification des logogrammes. Cela rend l’écriture plus rapide, mais également plus abstraite.

Mais en quoi ce kanji “木” ressemble à un arbre ? La réponse permet de comprendre que chaque trait à son importance. La barre verticale est le tronc + la racine pivot, les deux traits obliques représentent d’autres racines et la barre horizontale indique la partie aérienne de l’arbre.

Écriture syllabique

L’écriture syllabique nécessite un syllabaire. Ce dernier se présente sous la forme d’une table où les voyelles s’associent avec les consonnes pour obtenir des syllabes prononçables. Voici un exemple avec les hiraganas (pas tous présents), un des syllabaires de l’écriture japonaise :

Tableau des hiraganas japonais.
Table des principaux hiraganas

Un syllabaire nécessite environ 100 signes pour être complet.

Écriture alphabétique

L’écriture alphabétique utilise un alphabet. C’est celle que l’on retrouve dans cet article, puisque la langue française s’écrit de cette façon. Chaque lettre correspond à un phonème. Un phonème peut correspondre à plusieurs sons. L’alphabet nécessite environ une trentaine de signes.

Il faut savoir qu’il existe trois types d’alphabets qui se déterminent suivant les voyelles et consonnes. Par exemple, les voyelles sont parfois inexistantes bien qu’elles soient prononcées.

Écriture mixte

Comme vous avez dû le remarquer dans les parties précédentes, le japonais se compose de kanjis (écriture logographique) et d’hiragana (écriture syllabique). En plus de cela, on peut ajouter une seconde écriture syllabique : les katakanas, mais aussi une écriture moins présente : le romaji (écriture alphabétique). Elles s’utilisent dans des cas précis et peuvent se mélanger dans un même texte. L’écriture japonaise est probablement le meilleur exemple d’écriture mixte.

Prononciation

Il existe plusieurs systèmes de notation pour retranscrire les sons des langues. Le plus couramment utilisé est l’alphabet phonétique international. Cela peut-être utile lorsque l’on souhaite donner davantage de “vie” aux mots d’une langue inventée. Les lecteurs pourraient ainsi prononcer les mots tels que l’auteur les a imaginés. Cependant, il n’est pas simple d’écrire et de lire la prononciation d’un mot sans un apprentissage. Voyons quelques mots :

On peut remarquer qu’un mot est enveloppé de “/” et que chaque syllabe est séparée par un “.” L’alphabet comporte une bonne centaine de caractères, mais pour les mots français, une quarantaine suffit, ce qui rend l’apprentissage assez rapide. Vous trouverez plus d’informations sur cet article de Wikipédia.

Mots de la fin

Voilà, en sachant tout cela, il devrait être un peu plus simple de concevoir un langage, ou du moins, quelques expressions ou phrases pour donner davantage de profondeur à son récit. Il ne faut pas hésiter à s’intéresser à d’autres langues pour comprendre leurs fonctionnements.

L’article pourrait être plus complet et parler par exemple de la formation des phrases. Si le coeur vous en dit, vous pouvez ajouter des informations via les commentaires.

Serez-vous capable d’aller aussi loin que J.R.R. Tolkien avec ses langues elfiques ou le klingon que l’on retrouve dans Star Trek ?