Que devient Samare ?
— Samare, qu’est-ce que c’est que ce truc ?
— Mais si, tu sais, mon roman de fantasy, qui est devenu de la science-fiction, et que je traine comme un boulet depuis près de 15 ans !
— Ah mais oui ! Et alors, ça donne quoi ?
— Eh bien, j’ai relu pas mal des manuscrits laissés dans mon sillage au fil des années et…
Les différentes évolutions de Samare
D’abord, il faut se rappeler que Samare est partie d’un rêve, associé à une chanson : Electricity, d’Anathema. Dans ce rêve, il y avait ce jeune homme affublé de rameaux dans le dos, tels des ailes luisant d’électricité.
La trilogie de fantasy
De 2013 à 2020, à peu près, cette scène onirique a inspiré et nourrit l’histoire de Rena, atteint d’une étrange maladie après avoir été frappé par la foudre lors d’une tempête, dans la cité de Samare ; cité équipée d’un générateur d’énergie naturelle défaillant ayant causé la mort de ses fondateurs. Comprendre l’état de Rena, régler le dysfonctionnement de l’appareil et trouver ses origines étaient alors devenus les objectifs de nos héros afin de sauver leur cité et le reste du monde d’un désastre écologique majeur.
En 2013, j’avais écrit l’intégralité de l’histoire sur papier. Je l’ai tout bonnement perdue ! Par la suite, j’ai réécris tout le récit. J’en ai déjà parlé sur le blog… 3 tomes : « Désastre naturel », « Électricité » et « L’Arbre Monde ». Rien que ça. Après relecture, j’affirme que c’était très mauvais. Très brut, trop direct tout en étant effroyablement long. Mais l’histoire est là, il y a un cheminement, les personnages évoluent, assument leurs choix, etc. Le seul hic (en plus du style tout pété), c’est que l’histoire est tellement tordue que même moi je n’y comprends plus rien. C’est pourquoi je l’ai retravaillée, inlassablement, pendant toutes ces années. Jusqu’à finalement changer d’approche.
Les lois de la physique
Évidemment, le côté mystique, voire carrément magique, ne collait pas vraiment. Pire, c’était une explication à la fois trop facile et qui embrouillait le récit. J’ai donc fini par me tourner vers la science. Étonnant, non ?
La physique et moi, ça fait beaucoup. Mais j’ai fait des recherches et j’ai essayé d’appliquer des concepts à l’histoire, pour trouver quelque chose d’à peu près réaliste et crédible, qui s’enchaîne bien, sans pour autant noyer le récit sous des explications complexes. En vérité, ça marche plutôt bien. On garde quand-même l’univers inédit avec ses végétaux inconnus de notre monde. Il y a un mélange subtil de physique et de fiction saugrenue concernant les arbres. La mutation de Rena est toujours là, quoique moins spectaculaire, et l’histoire et les enjeux restent les mêmes. Je me paye même le luxe de glisser quelques réflexions supplémentaires sur la vie en communauté autonome, les relations interpersonnelles, etc.
La version de Samare de 2021, non achevée, avec le générateur d’électricité naturelle thermodynamique, l’énergie cinétique, et tout un tas d’autres concepts géniaux (gap des photons, etc etc) était plutôt bien partie. Il fallait surtout faire évoluer quelques personnages et retravailler la trame dramaturgique du récit.
Ce que j’avais commencé à faire en 2022, avec un début de roman bien mieux écrit, le personnage de Conrad méconnaissable et intrigant, ainsi qu’une Anelys déterminée et prometteuse. Rena est plus en retrait, mais son histoire constitue toujours l’un des fils rouges du récit. Enfin, je suppose. D’après mes notes… Car je n’ai pas terminé !
Et donc, que devient Samare ?
Samare, aujourd’hui, en 2026, c’est surtout un endroit où une communauté organisée et soudée peut vivre en quasi autonomie avec l’espoir de promulguer des valeurs et de nouvelles façons de vivre dans le monde qui l’entoure. C’est le décor de mon dernier roman en date, Les chemins de Samare (titre provisoire ? Je ne sais pas encore).
Alors là, attention, demi-tour complet, changement de voie même !
Les chemins de Samare est une romance (oui, toujours) de type Poney de Noël. C’est-à-dire ? Eh bien une romance ancrée dans la vie de tous les jours, suivant principalement deux personnages que la sérendipité met sur le même chemin (celui de Samare, heyhey) et qui vont devoir apprendre à se connaître et à déjouer les quiproquos pour comprendre que leur vie doit changer et qu’ils sont destinés à être ensemble.
Il n’y a plus de Rena, ni d’Anelys, plus de magie, plus de technologie de dingue, plus de maladie inconnue qui empêche notre héros de vivre normalement. Les personnages sont de vrais adultes, qui ont déjà vécu un peu et qui ont de quoi se remettre en question et chercher à avancer. J’y inclus un gamin, évidemment, car les Poney de Noël sont toujours meilleurs quand il y a un enfant.
Et je dis ça comme si l’affaire était déjà réglée. Oui et non ! J’ai un premier jet, plutôt complet au niveau du récit, mais assez mauvais au niveau du style. Il y a un gros travail de réécriture à faire. C’est très difficile.
Et pour les vieilles versions ?
Je suis super contente d’avoir pu retrouver et relire toutes ces anciennes versions. Elles ne sont pas que des premiers jets incomplets et mal écrits. Elles m’ont permis de retrouver l’origine de mes idées, de comprendre où étaient les problèmes et de faire évoluer ma pensée. Et puis je me suis bien amusée à redécouvrir l’ambiance, ainsi que certaines scènes que j’avais tellement bien imaginées. Parfois, voir ces scènes spécifiques (comme celle du rêve) ne suffit pas pour développer toute une histoire cohérente autour.
Peut-être que la version « scientifique » a du potentiel. Je n’exclue pas d’y revenir un jour. La version « mystique », en revanche, est définitivement enterrée. « Que son âme fleurisse en paix » (hommage en passant, histoire de faire ça bien). L’histoire d’amour entre Rena et Anelys doit trouver un chemin franc. Ou bien elle est belle et tout finit pour le mieux, ou bien elle est tragique et basta. Sinon, c’est trop dur. Ce qui devrait compter le plus, c’est Samare et son fonctionnement. C’est ça la véritable histoire à écrire pour cette version. Laissons l’amour au Poney de Noël.
Bien, après avoir fait un point sur ce qui s’est passé et se passe encore dans ma tête vis à vis de Samare, j’espère bien réussir à avancer dans mon travail de réécriture des Chemins de Samare. Courage !